La vente semble être la dernière bouée de sauvetage pour Debenhams

La vente semble être la dernière bouée de sauvetage pour Debenhams
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La faillite menace Debenhams, la chaîne britannique de grands magasins en difficulté, écrasée par de lourdes dettes. L’entreprise doit maintenant trouver d’urgence de nouveaux investisseurs.

 

Différentes options

La chaîne de grands magasins, vieille de 242 ans, a fait appel à la banque d’affaires Lazard pour superviser le processus de vente, rapporte The Guardian : d’ici fin septembre un acheteur devrait être trouvé. Le détaillant a bon espoir : depuis la fin du confinement au Royaume-Uni le 15 juin, 124 magasins ont rouvert et affichent toujours des résultats supérieurs aux attentes.

 

L’entreprise cherche actuellement un moyen de mettre un terme à la procédure de protection judiciaire. Différentes options sont possibles : former des joint ventures avec des investisseurs existants ou de nouveaux venus, ou encore vendre l’entreprise à un tiers. Un consortium chinois ainsi que l’entrepreneur controversé, Mike Ashley, (propriétaire de House of Fraser et de Sports Direct), dont les précédentes tentatives d’acquisition ont échoué, se montrent intéressés.

 

Debenhams est actuellement aux mains de ses créanciers et se trouve sous protection judiciaire depuis le mois d’avril, pour la deuxième fois en un an. Avant l’arrivée du coronavirus, l’ensemble de ses dettes atteignait déjà 600 millions de livres (660 millions d’euros). La chaîne de grands magasins a fermé dix-huit magasins britanniques et supprimé plus de mille emplois dans ses succursales et à son siège social. La branche irlandaise (à l’époque encore sous la direction du gestionnaire de crise belge Stefaan Vansteenkiste) avait fait faillite en avril, mais le but a toujours été de sauver les activités au Royaume-Uni. Debenhams possède, en outre, la chaîne de grands magasins danois Magasin du Nord.

 

Secteur dans la tourmente

Dans toute l’Europe, les chaînes de grands magasins traversent une période particulièrement difficile : elles accumulent dans la plupart des cas de lourdes dettes en raison des coûts élevés de l’immobilier et de personnel et n’ont, bien souvent, pas réussi à se réinventer dans une époque où le comportement des consommateurs a radicalement changé et dans laquelle le commerce électronique connait une belle croissance. Les concurrents britanniques de Debenhams tels que John Lewis et Marks & Spencer se voient également contraints de fermer des succursales et de se repositionner. En Allemagne, le groupe de fusion Galeria Karstadt Kaufhof - la société mère de l’Inno - subit également une procédure de redressement drastique. Aux États-Unis, la situation est tout aussi peu reluisante : Neimann Marcus et JC Penney’s y ont lancé la procédure du « Chapitre 11 » et, juste avant la pandémie, l’icône de la vente au détail, Barney’s, a connu une faillite dramatique.

 

Pour Erik Van Heuven et Stefan Van Rompaey, auteurs du livre récemment publié « The Future of Department Stores », tout ceci ne signifie pas pour autant la disparition de ce secteur de la vente au détail autrefois si glorieux. Lorsque les grands magasins parviennent à se distinguer encore davantage sur le marché, se concentrent sur quelques magasins phares, ajoutent de « l’expérience » grâce à des concepts alimentaires exclusifs et construisent également un modèle omnicanal performant, ils ont, sans l’ombre d’un doute, encore de beaux jours devant eux : « Ce que font les plateformes en ligne aujourd’hui, les grands magasins l’ont toujours fait, ils étaient déjà des plateformes avant la lettre. Un “modèle phygital” offre de nombreuses opportunités », concluent les auteurs dans leur livre.

 

Le livre «The Future of Department Stores - 9 roltrappen naar een gouden toekomst voor het warenhuis» est disponible en néerlandais et en anglais. Il a été publié par les éditions Lannoo Campus en Belgique et aux Pays-Bas. Achetez votre exemplaire dans les meilleures librairies ou commandez-le via ce lien.